Lightoller et les « curieux »
Dans cette nouvelle, nous partageons un instant de vie des officiers sur la passerelle du Titanic.
Dans cette nouvelle, nous partageons un instant de vie des officiers sur la passerelle du Titanic.
C’est sous le nom de Gustave Lesueur, valet de chambre voyageant en 1re classe, que l’on connaît l’un des passagers français rescapés du naufrage du Titanic. Et si, à l’exception de sa traversée transatlantique à bord du célèbre paquebot, on ne sait que peu de choses sur la vie de cet homme, c’est tout simplement parce que cette identité-là ne permet guère d’en apprendre davantage.
Comme nous, nos amis européens sont frappés de plein fouet par la crise du coronavirus et doivent y adapter leurs rencontres. Leurs revues, pour leur part, continuent à être d’une grande qualité, et en voici un court aperçu !
Une nouvelle année de Latitude 41 qui casse la routine, puisque cette fois-ci, nous débutons par un numéro double ! Celui-ci a été rendu possible par la magistrale contribution d’Alain Dufief qui a mené ce qui est certainement son enquête la plus aboutie, sur l’un des Français du Titanic les plus méconnus : Louis Gustave Joseph Lesueur. Comme vous le verrez, Alain a, avec talent, remonté chaque fil ténu dont il disposait pour dresser le portrait le plus exhaustif possible de celui qui était, à bord du Titanic, le valet des riches Cardeza. Dans le reste du numéro, vous pourrez retrouver nos rubriques habituelles vous suggérant quelques lectures, et une nouvelle de notre ami Denis Meyer qui y fait montre de sa bonne connaissance de la vie des officiers du Titanic.
Nos voisins européens n’ont pas oublié de vous faire voyager à travers le temps pour leurs numéros d'automne. En effet, le passé est à l’honneur à travers des articles sur un passager, une compagnie maritime ou bien des bâtiments historiques, à l’histoire souvent oubliée ou peu connue aujourd’hui. Si nos voisins allemands nous font voyager à travers l’héritage maritime hollandais, les britanniques, quant à eux, explorent l’héritage maritime du Lusitania et du Titanic.
Il y a une dizaine d’années, j’ai découvert le magnifique « Projet Gutenberg », un site réunissant un grand nombre de textes dans le domaine public, et donc en accès libre et gratuit. Quelle joie ce fut de découvrir alors quelques livres de rescapés du Titanic, que ce soit Archibald Gracie (dont le livre avait été traduit en français, dans une version désormais assez rare), Charles Lightoller (qui ne l’a jamais été), et Lawrence Beesley. À l’époque, donc, je m’étais mis à dévorer la prose de ce dernier et j’en avais entrepris une traduction, afin de la partager avec mes amis du forum du Titanic ! En 2012, alors que ma traduction progressait petit à petit, une autre est sortie ; si je ne l’ai jamais lue, les avis que j’en ai eus étaient assez mitigés. Elle contiendrait des erreurs assez basiques et ne serait pas d’excellente qualité.
Parmi le gratin du paquebot britannique, les Ryerson n'étaient pas des personnalités comme les autres. Certes, ils vivaient dans l'opulence ; mais leur présence à bord était totalement inattendue. En effet, la traversée inaugurale du dernier né de la White Star Line ne venait pas clore joyeusement de dispendieuses vacances en Europe, ou en Orient ; pas plus qu'elle ne ramenait dans sa patrie le chef de famille après un fructueux voyage d'affaires. Non ! Le couple et ses trois enfants avaient été rappelés plus tôt aux États-Unis suite au décès brutal de leur fils et frère aîné, Arthur Jr, le 8 avril, dans un accident d'automobile.
Identifiés par une lettre (A, B, C, D), les quatre canots « Engelhardt » étaient des sortes de radeaux dont les côtés pouvaient être repliés pour faciliter leur stockage en position de route en dehors des bossoirs. Si les canots C et D ont pu être mis à l’eau normalement, vers 1 h 50 et 2 h 05, le A et le B ont, quant à eux, été projetés à l'eau tandis que deux équipes s’activaient à les préparer. C’est depuis ces embarcations que ceux qui avaient pu y prendre place ont été les témoins des instants les plus tragiques de la fin du grand paquebot. Les notes biographiques qui suivent montrent à quel point ces survivants – de profils très divers – sont, pour la plupart, restés marqués par l’épreuve.
Le 10 avril 1912, la famille française Mallet, composée de trois personnes : père, mère et fils, embarque à Cherbourg sur le paquebot Titanic de la White Star Line, qui effectue sa première traversée transatlantique, au départ de Southampton et à destination de New York. Initialement, les Mallet ont prévu de faire la traversée à bord du France de la Compagnie Générale Transatlantique, dont le départ du Havre a lieu 10 jours plus tard. Mais, pour une raison indéterminée, ils ont modifié leurs projets.
Dans ce numéro, vous trouverez un gros article de François Codet consacré aux quatre radeaux du Titanic et à leurs occupants qui eurent, en particulier pour les occupants temporaires des radeaux A et B, les conditions de survie les plus éprouvantes de la tragédie. Alain Dufief vous propose pour sa part une émouvante trouvaille : la toute dernière carte postale d’Albert Mallet, expédiée de Cherbourg le jour même du départ. Ce n’est là qu’une mise en bouche puisque nous publierons dans notre prochain numéro double un excellent dossier d’Alain sur un autre passager français du Titanic, qui eut pour sa part la chance de survivre au drame.